Les pays africains ont utilisé la Conférence internationale sur le financement du développement comme tribune pour partager leurs vues sur l’architecture financière mondiale. Au regard des bouleversements colossaux observés depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, cela aura-t-il un impact ? La question mérite d’être posée car les Etats-Unis ne semblent plus vouloir construire avec les autres pays quelque architecture que ce soit.
Ce qu’a dit William Ruto du Kenya
D’abord, le Président kényan William Ruto a insisté sur l’urgence d’un partenariat mondial plus équitable, mettant en avant le rôle stratégique de l’Afrique en matière de commerce, d’industrialisation et d’innovation. “L’architecture financière internationale actuelle est défaillante, inéquitable, injuste ; elle n’est pas acceptable et doit être entièrement réformée”, a-t-il déclaré.Il a plaidé pour une gestion souveraine responsable de la dette, une transparence accrue, une réduction du coût du capital et un élargissement de l’espace budgétaire. Il a également appelé à une réforme du FMI afin de renforcer la voix des pays en développement, et à l’adoption de règles commerciales favorisant la production verte et la transition climatique.
Sénégal, Mali : deux pays emblématiques
Le Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a, de son côté, souligné l’importance de mobiliser les ressources publiques domestiques comme levier central d’un développement souverain, équitable et durable.
Le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga, représentant les autorités de transition, a défendu la vision de son pays en faveur d’une réforme ambitieuse de l’architecture financière mondiale. Il a également appelé à une accélération des efforts pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, et exhorté la communauté internationale à accroître son soutien aux pays africains.
Une convergence dans les argumentations africaines
Dans l’ensemble de leurs interventions, les délégations africaines ont plaidé pour un accès plus équitable aux financements internationaux, une gestion plus responsable de la dette, et un partenariat renforcé avec les institutions multilatérales comme la Banque mondiale, le FMI ou encore l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Globalement, les dirigeants africains ont appelé à une réforme urgente de l’architecture financière mondiale. La jugeant injuste et insuffisante pour soutenir le développement du continent. ils ont appelé à une réforme en profondeur de l’architecture financière mondiale du fait de son inadaptation aux besoins de développement du continent.
La Conférence qui se tient jusqu’au 3 juillet, au Palais des expositions et des Congrès FIBES de Séville, devrait s’achever par l’adoption de la Déclaration de Séville, un document final fixant des engagements concrets pour un financement du développement plus inclusif, en phase avec les priorités africaines. (Eco-TransContinentsAfrica)
