Comment rendre soutenable la dette des pays africains dans un environnement bouleversé par la fracassante entrée en jeu de l’administration Trump à l’origine de bouleversements géo-économiques et géopolitiques de grande ampleur mais aussi d’une nouvelle philosophie des rapports entre Etats laissant peu de place à la solidarité ?
L’endettement, un problème persistant
La question est d’autant plus prégnante que le cadre commun du Groupe des 20, mis en place pendant la pandémie de Covid pour accélérer la restructuration de la dette des pays les plus pauvres, n’a progressé que de manière limitée.
En y regardant de plus près, l'initiative du cadre commun du G20 a vu des cas de test précoces tels que le Ghana et la Zambie prendre des années pour progresser.
Parallèlement, les problèmes d'endettement de pays tels que le Sénégal et le Mozambique ont remis les mécanismes de résolution de la dette sur le devant de la scène.
Autrement dit, il est tout à fait logique que la question du surendettement ait été au coeur des sujets de préoccupation du Sommet Union européenne-Union africaine de Luanda.
La pertinence d’une approche novatrice
“Nous avons un besoin urgent d’une nouvelle vision des relations financières entre l’Afrique et les institutions de prêt internationales afin de pouvoir investir dans le développement sans être étouffés par une dette insoutenable”, a déclaré le président angolais Joao Lourenço lors de la première journée du sommet.
“Au nom de toute l’Afrique, je réitère l’urgence d’œuvrer à une réforme globale du système financier mondial, y compris des mécanismes de restructuration de la dette plus équitables”, a-t-il ajouté.
Lui emboîtant le pas, le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a convenu que l’architecture financière mondiale devait être remaniée. “Nous devons la réformer pour le bénéfice de tous, ce qui signifie mettre fin au cycle écrasant de la dette, ... en donnant aux pays en développement, dont beaucoup se trouvent en Afrique, une plus grande participation et une plus grande influence dans les institutions financières mondiales”, a-t-il poursuivi.
La nécessité d’un nouveau plan de refinancement
Un groupe d’experts africains mis en place par l’Afrique du Sud lors de sa présidence du G20 cette année a recommandé un nouveau plan de refinancement de la dette pour les pays à faible revenu touchés par de lourds remboursements de la dette, plutôt que de se concentrer sur le rééchelonnement des paiements. (Eco-TransContinentsAfrica)
