C’est un vent agréable que l’agence Standard & Poor’s a fait souffler sur les deux premières économies du continent.
Pour le Nigeria, elle a révisé ses perspectives de “stable” à “positif” soutenant les réformes économiques en cours dans le pays et confirmant la notation qui lui est décernée de “B-/B”.
Pour l’Afrique du Sud, elle a relevé la notation souveraine à long terme en devises du pays de “BB-” à “BB” s’appuyant sur des perspectives de croissance plus solides, une amélioration au niveau de la situation budgétaire et une réduction des passifs éventuels suite à de meilleures performances de la compagnie d’électricité publique Eskom.
Le Nigeria sur une bonne trajectoire
"Les réformes monétaires, économiques et fiscales mises en œuvre par les autorités nigérianes produiront des effets positifs à moyen terme”, a déclaré S&P justifiant son appréciation.
En cela, elle rejoint Moody’s qui, en mai, avait relevé la note du Nigeria d’un cran, la faisant passer de “Caa1” à “B3” en raison d’améliorations notables de la situation extérieure et budgétaire du pays. De son côté, la troisième grande agence, Fitch, avait maintenu au mois d’octobre sa note “B” et sa perspective “stable” pour le pays présidé par Bola Tinubu.
En 2023, celui-ci avait lancé les réformes les plus audacieuses que le Nigeria ait engagées depuis des décennies. Au menu, la suppression des coûteuses subventions à l’essence et la levée des restrictions aux échanges de devises. Objectif : stimuler la croissance et attirer les investissements étrangers.
Il faut croire que les résultats ont été probants puisque les analystes ont déclaré que, si elles étaient maintenues, ces réformes pourraient soutenir l’expansion économique à long terme et ce bien que les obstacles à la mise en œuvre et la volatilité des prix mondiaux du pétrole présentent encore des risques.
Encore gêné par d’importants déficits budgétaires, tout en continuant à emprunter au niveau national, le Nigeria s’est par ailleurs tourné vers les marchés de la dette où, la première semaine de novembre, il a levé 2,35 milliards de dollars grâce à une émission d’euro-obligations.
Des signaux encourageants pour l’Afrique du Sud
Pour ce qui concerne la nation arc-en-ciel, le fait que l’appréciation de S&P soit la première amélioration de sa notation depuis 20 ans est un signe qui en dit long sur les efforts fournis.
Pour rappel, l’économie la plus industrialisée d’Afrique avait été rétrogradée pour la première fois au statut de “junk” en 2017, à la suite du licenciement du très respecté ministre des Finances, Pravin Gordhan, par le président de l’époque, Jacob Zuma, ainsi que du fait de l’instabilité politique qui s’en est suivie.

Dans cette nouvelle dynamique positive, le Trésor national n’est pas en reste au regard de ses initiatives pour enrayer l’augmentation de la dette et pour rétablir la crédibilité budgétaire du pays. Il a eu de quoi se rassurer dans la mesure où une récente révision à mi-parcours du budget a montré que la dette par rapport au PIB se stabilisait à 77,9 % pour l’exercice en cours et que le déficit budgétaire se réduisait à 4,7 % du PIB en 2025/26, contre 4,8 % dans le budget de mai.
Pour ce qui est des entreprises publiques de logistique du fret et de l’énergie, elles ont également enregistré des améliorations à mesure que le programme de réformes du pays prenait de l’ampleur.
Cela à conduit S&P à déclarer dans un communiqué qu’elle s’attend à ce que la croissance du PIB de l’Afrique du Sud atteigne 1,1 % en 2025 après un faible 0,5 % en 2024 et qu’elle atteigne en moyenne 1,5 % jusqu’en 2026-2028, l’électricité et d’autres secteurs soutenant la croissance.
Et puisque l’éclaircie semble prendre une tangente de généralisation, les recettes fiscales sont venues dégager le ciel en dépassant les objectifs budgétaires au début de l’exercice 2025. Du coup, l’agence prévoit des années successives d’excédents primaires et une poursuite de l’assainissement budgétaire jusqu’en 2028. Ainsi, l’Afrique du Sud se situe désormais à deux crans en-dessous de la catégorie “Investissement” sur la notation en devises. De quoi conduire S&P à confirmer comme “positives” les perspectives. (Eco-TransContinentsAfrica)
