Streaming : l’Afrique subsaharienne franchit la barre des 100 millions de dollars

PERFORMANCE. Avec une croissance du chiffre d’affaires de la musique enregistrée de 22,6%, l’Afrique subsaharienne est loin devant les 4,8% du niveau mondial.

Streaming : l’Afrique subsaharienne franchit la barre des 100 millions de dollars

Les chiffres sont de la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI) qui vient de publier son “Global Music Report 2025”. Il en ressort que l’Afrique subsaharienne, avec sa croissance de 22,6% de croissance a réalisé 110 millions de dollars de chiffre d’affaires. Cela la place parmi les trois régions ayant connu les plus fortes progressions mondiales en 2024. Seules les régions du Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) avec 22,8% et d’Amérique latine avec 22,5% ont enregistré des taux de croissance comparables sur la période. 

La Sud-Africaine Tyla est l'une des locomotives du streaming en Afrique. Elle vient d'être distinguée au Billboard Women in Music du magazine américain Billboard. 
La Sud-Africaine Tyla est l'une des locomotives du streaming en Afrique. Elle vient d'être distinguée au Billboard Women in Music du magazine américain Billboard. 

Quelle signification donner à cette évolution qui frise la révolution ?  Il y a que la forte augmentation des revenus musicaux en Afrique subsaharienne témoigne du dynamisme du marché musical de la région et de son potentiel de développement futur. Tous les genres musicaux ne sont pourtant pas à appréhender au même niveau. Alors que l’Afrobeats nigérian et l’Amapiano sud-africain cartonnent, d’autres styles musicaux sont plutôt en retrait. 

Quid à l’aune de l’Intelligence artificielle ? 

Le potentiel ambivalent de l’Intelligence artificielle (IA) inquiète également l’industrie musicale. Pour Victoria Oakley, la PDG de l’IFPI, l'IA “sera l'un des enjeux majeurs de notre époque”. Et si “les maisons de disques ont adopté son potentiel pour améliorer la créativité des artistes et développer de nouvelles et excitantes expériences pour les fans […], il est très clair que “l’ingestion” non autorisée de musique protégée par des droits d'auteur par les développeurs de systèmes d’IA générative pour entraîner leurs modèles représente une menace réelle et immédiate pour l’art humain”, affirme-t-elle.

2024 : année mitigée pour les formats physiques

Dans la veine des sujets d’inquiétude concernant le secteur de la musique, il y a les formats physiques. Ceux-ci affichent une baisse de chiffre d’affaires de l’ordre de 3,1 % pour un montant de 4,8 milliards de dollars. Cela dit, tout n’est pas sombre. Peut-être la nostalgie joue-t-elle ? En tout cas, le vinyle continue à faire mieux que résister. Sa popularité lui a quand même permis de voir ses ventes croître de 4,6 %. Conséquence : 2024 se positionne comme la 18e année consécutive de croissance pour ce format. Qu’en est-il maintenant du streaming à proprement parler ? 

2024 : une année plutôt faste pour le streaming

Selon la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI), à l'échelle mondiale, les revenus commerciaux de la musique enregistrée ont progressé de 4,8 % pour atteindre 29,6 milliards de dollars en 2024. Principal moteur de cette croissance, avec une augmentation de 9,5 % : le streaming par abonnement.

Le Nigerian Burna Boy est l'un des principaux artistes africains à faire la différence sur les plateformes de streaming. 
Le Nigerian Burna Boy est l'un des principaux artistes africains à faire la différence sur les plateformes de streaming. 

Résultat : les revenus générés par le streaming ont dépassé les 20 milliards de dollars pour la première fois, représentant désormais 69 % des revenus totaux de la musique enregistrée. (Eco-TransContinentsAfrica)

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