C'est par un document communiqué à ses actionnaires alors même que le groupe audiovisuel sud-africain travaille au rapport de fin d’activité pour l’année financière achevée le lundi 31 mars que l’information a été donnée. Une manière de les préparer à “temps difficiles”.
Une menace identifiée par les observateurs : le streaming
Selon des observateurs avertis des programmes proposés par cet acteur audiovisuel important du cône austral de l’Afrique, l’offre traditionnelle de télévision payante de MultiChoice est menacée par la popularité croissante du streaming. Face à ce constat, le groupe ne s’est pas endormi. Il a en effet mis en branle sa propre plateforme de streaming : Showmax. Il faut croire que cette plateforme n’a pas encore conduit aux résultats escomptés fort puisque l’hémorragie causée par les nombreuses hausses de prix continue. La dernière illustration est celle concernant le Ghana où l'augmentation est entrée en vigueur le 1er avril dernier. Résultat : entre 2023 et 2025, DStv et GOtv, les deux offres de télévision payante de MultiChoice sont passées de 23 millions à 19,3 millions d’abonnés, soit un recul de 3,7 millions d’abonnés.
Ce qu’en dit le groupe MultiChoice lui-même
Du côté du groupe audiovisuel, une autre explication, moins technologique et plus économique, est avancée : “Les pertes d’abonnés hors Afrique du Sud sont principalement dues à la pression importante exercée sur les consommateurs au Nigeria, où l'inflation est restée supérieure à 30 % pendant la majeure partie des 12 derniers mois et, plus récemment, à des perturbations extrêmes de l'approvisionnement en électricité en Zambie".

Quoi qu’il en soit, une réalité à prendre en compte au moment où le groupe français Canal + frappe à la porte pour racheter MultiChoice. Si elle n’obère pas l’avenir du groupe sud-africain, elle ne la met pas dans les conditions les plus favorables pour obtenir le meilleur prix dans cette opération annoncée de longue date. (Eco-TransContinentsAfrica)
