A côté du délicat climat politique, la situation économique de la Tunisie semble sur une ligne de crête. Selon la Banque centrale de Tunisie (BCT) qui a dévoilé ses chiffres au début du mois de février, les recettes touristiques de la Tunisie ont progressé de 6,4%. En valeur, celles-ci ont atteint 546,8 millions de dinars soit 171,2 millions de dollars.
Service de la dette en hausse
Pour ce qui est du service de la dette extérieure, l'institution d'émission tunisien a indiqué qu’il avait grimpé d'environ 1,2 milliard de dinars (375,7 millions de dollars) en date du 31 janvier 2024 à près de 4,5 milliards de dinars, soit 1,4 milliard de dollars au 31 janvier 2025. Ce qui lui a fait faire un bond à hauteur de 275%. Du côté des avoirs nets, la BCT a fait état d'une baisse de 9,9% entre 2024 et 2025 en date du 5 février ramenant les capacités d’importation de 118 jours en 2024 à 102 jours.
Autant d’éléments qui ont conduit la BCT à maintenir son taux d’intérêt principal inchangé à 8% considérant que les perspectives d'inflation restaient "entourées de risques tendant à s'amplifier" et qu'il était donc "nécessaire de continuer à soutenir la trajectoire descendante de l'inflation au cours de la période à venir".
Inflation, réserves de devises : la pression
Le taux d'inflation a en effet maintenu sa tendance à la baisse pour atteindre 7 % sur l'ensemble de l'année 2024, contre 9,3 % sur l'année 2023.
Parallèlement, la Banque centrale de Tunisie a révélé que les réserves de devises de la Tunisie avaient enregistré une baisse significative, atteignant environ 23,2 milliards de dinars, soit environ 7,2 milliards de dollars US à la date du 4 février. Cette baisse serait notamment liée à un récent versement effectué dans le cadre du service de la dette publique extérieure. De quoi expliquer une surveillance globale d'autant plus serrée que les équilibres sociaux sont fragiles et la défiance politique assez forte. (Eco-TransContinentsAfrica)
