Cobalt de RD Congo : les autorisations d’export se font toujours attendre

SUSPENS. La reprise des exportations était pourtant prévue dans le cadre d’un système de quotas à partir du 16 octobre.

Cobalt de RD Congo : les autorisations d’export se font toujours attendre

Le temps est bien long pour les producteurs de cobalt de République démocratique du Congo. la raison : ils attendent toujours les autorisations d’exportation que le gouvernement devrait approuver incessamment dans le cadre d’un système de quotas théoriquement en vigueur depuis le 16 octobre, l’objectif étant de permettre de relancer immédiatement les expéditions. 

Comme l’indique l’agence Reuters, ce système est prévu pour remplacer la suspension des exportations de plusieurs mois qui a perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales et ébranlé les constructeurs de véhicules électriques, en particulier en Chine, premier consommateur.

Pour rappel, le Congo représente plus de 70 % de la production mondiale de cobalt et a temporairement gelé les exportations pour réduire l’offre et faire grimper les prix.

Comment doit marcher le nouveau système ? 

Dans le cadre du nouveau régime, les entreprises doivent demander des quotas d’exportation mensuels auprès de l’organisme de réglementation de l’État, l’Autorité de régulation et de contrôle du marché des substances minérales stratégiques (Arecoms). Elles doivent payer d’avance les redevances en fonction des volumes attribués et des prix du cobalt en vigueur avant l’expédition.

Ainsi pour exporter, les entreprises doivent valider les quotas et la qualité des produits, obtenir des certificats de traçabilité et de conformité et permettre à l’Arecoms d’effectuer un contrôle lors de l’échantillonnage. 

Le système de quotas fonctionne sur la base du principe “utilisé ou perdu”. ARECOMS a fixé des limites d’exportation à 18 125 tonnes pour le quatrième trimestre de 2025 et à 77 400 tonnes pour 2026.

"Les volumes inutilisés peuvent être reportés en 2025 mais expireront à la fin de l’année. À partir de 2026, les quotas seront réinitialisés mensuellement et ne pourront pas être reportés”, a déclaré l'Arecoms.

Discrétion des producteurs sur les étapes en cours

"Pour octobre et novembre, les paiements anticipés vont être combinés pour activer les quotas des deux mois”, a déclaré le régulateur. “Des quotas ont été attribués et les entreprises espèrent obtenir des approbations d’ici la fin du mois d’octobre, bien que des retards soient possibles”, ont poursuivi des sources dans les sociétés minières et commerciales, demandant l’anonymat parce qu’elles n’étaient pas autorisées à parler publiquement.

Il faut dire que le gouvernement avait déclaré qu’il n’y aurait pas de retard. Du coup, ARECOMS et le ministère congolais des Mines n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.

Les sources n’ont pas pu confirmer si tous les producteurs avaient déposé des demandes. Glencore, le deuxième producteur mondial de cobalt, a refusé de commenter. Le principal producteur CMOC n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Quid de la situation autour des producteurs et des quotas ? 

Du côté des producteurs, Glencore soutient le nouveau système, tandis que CMOC s’y oppose.

Quant aux quotas, les mines Tenke Fungurume et Kisanfu de CMOC ont reçu les plus grandes allocations de 6 650 tonnes pour le quatrième trimestre de 2025 et de 31 920 tonnes pour 2026.

La Kamoto Copper Company et Mutanda Mining de Glencore se sont vu attribuer respectivement 3 925 tonnes et 18 840 tonnes. ARECOMS a conservé une “allocation stratégique” de 10 %.

Pour ce qui est des prix du cobalt sur le COMEX, ils ont grimpé de 90 % depuis qu’ils ont atteint leur plus bas niveau en neuf ans, à 10 dollars la livre en février, lorsque le gel des exportations a été annoncé.

De quoi conduire le président congolais Félix Tshisekedi à déclarer que le gel des exportations a contribué à un rebond de 92 % des prix du cobalt depuis mars, qualifiant le système de quotas de “véritable levier pour influencer ce marché stratégique” après des années de “stratégies prédatrices”. (Eco-TransContinentsAfrica)

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